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A la une / Archives

Troisième Guerre des formats : l'épisode final ?

[ Une actualité de Yannick, le 31/03/08 à 16:18 - permalien ]

And the winner is : Blu Ray Disc !


Deux ans après l'avoir lancé en grande pompe au japon, son principal manufacturier (Toshiba, pour ne pas le citer), devrait interrompre d'ici la fin de la semaine (et donc, du mois de mars 2008) la fabrication de son produit phare "HD-DVD".

Cette décision, rendue publique le mois dernier, fait suite à une cascade de défections, à l'instar de celle de Warner, qui venait d'annoncer son intention de ne plus fournir de contenus au format HD-DVD au plus tard en juin 2008.

Pourtant réputé plus solide et meilleur marché que son concurrent, le HD-DVD a sans doute fait les frais de son très léger handicap technique (capacité de 30 Gb contre 50Gb pour le Blu Ray, entre autres) et, ce, malgré un rendu, rappelons-le, virtuellement indifférenciable du concurrent Blu-Ray-Disc, les films étant encodés de la même façon sur les deux supports.

Les HD-DVD ayant toujours une valeur intrinsèque, le manufacturier japonais ne remboursera pas les acheteurs malheureux, mais continuera à fournir pièces détachées et main d'oeuvre pour une période indéterminée. En effet, pour Toshiba, les consommateurs étaient censé avoir pris en compte au moment de l'achat l'état de guerre des formats, qui allait tôt ou tard impliquer la disparition de l'un ou de l'autre des formats...Ce qui n'est pas sans contradiction avec le communiqué du 19 février, dans lequel Toshiba cherche à minimiser l'ampleur du phénomène, qu'elle présente avec un art consommé de la litote comme un simple "réajustement à de nouvelles données du marché".

L'histoire, cette fois-ci, ne s'est donc pas répétée, avec la défaite du moins cher des deux formats, quand la VHS l'avait emporté par son faible cout, malgré son rendu un peu moins bon, aidée, on s'en souvient, par le marché de la location, "boudé" par Betamax. A ce sujet, justement, il semblerait (autre orignalité de la situation) que les vidéoclubs aient été au moins aussi frileux que les consommateurs cette fois-ci. En effet, hormis quelques "ballons d'essai", les disques haute-définition n'ont commencé à y faire leur apparition en nombre que depuis quelques semaines.... Dès lors, la question se pose : la raréfaction des contenus HD-DVD a t-elle suffit à entraîner le déclin du support ? Toutes les hypothèses restent ouvertes, en attendant que les analystes économiques finissent par trancher.

Utopie du gratuit (à propos du film "Elle a passé tant d'heures...)

[ Un point de vue de Yannick, le 05/03/08 à 17:17 - permalien ]

On l'a déjà suffisamment dit et redit sur ce forum pour ne pas avoir, en principe, besoin d'insister plus encore, le cinéma n'est plus seulement un art, c'est aussi et avant tout devenu une industrie. Dès lors, des accords comme celui passé entre Philippe Garrel et le portail artistique Jérome Bonetto posent une fois de plus, le problème de la valeur de l'oeuvre d'art : la donner, c'est l'extraire du marché des valeurs économiques. Artistiquement, la démarche peut se comprendre : on imagine la frustration du cinéaste quand son oeuvre ne tourne pas, n'est pas vue, en un mot, tombe dans l'oubli. Mais économiquement, c'est pratiquement du suicide.

En effet, si tout le monde peut voir gratuitement l'oeuvre, sans que le réalisateur ne touche un kopeck, l'artiste n'a rien à y gagner financièrement parlant, puisque cette offre gratuite tue dans l'oeuf toute éventuelle demande accompagnée, elle, de rétributions financières méritées. Oh, je sais, vous allez me dire que cette mise à disposition est restreinte au cercle privé, mais qui, de nos jours, respecte encore cette restriction, à part les salles de cinéma (et encore, pas toujours quand elles sont privatisées, c'est à dire louées à des tiers.) ?

Et puis, c'est faire preuve d'un immense irrespect envers les différents maillons de la chaîne de distribution du film, qui, dès lors, se voient, eux aussi, privés d'une recette, le réalisateur producteur se drapant dans une posture autorale pour nier aux distributeurs et aux éditeurs le droit de gagner, eux aussi, de l'argent avec ce film.

C'est d'autant plus injuste que le film est encore disponible en DVD (édité par les Cahiers du Cinéma en 2004), autrement dit, nous avons affaire à de la concurrence déloyale : comment Amazon, la Fnac ou Virgin pourraient-ils, avec leur DVD à 30€, rivaliser face à la gratuité du téléchargement, qui vient concurrencer d'autres circuits sur leurs propres terres...Dès lors, que dirait la justice, si Les Cahiers ou Amazon venaient à la saisir de cet épineux problème ?

Sans pour autant être qualifiable de piratage (encore que...) la démarche de Philippe Garrel n'est-elle pas à la limite de la légalité, avec les nouveaux problèmes éthiques et économique qu'elle crée, sans pour autant résoudre la question de la mise à disposition des oeuvres ?

Cinema : Redacted Paradox

[ Un point de vue de Yannick, le 20/02/08 à 21:16 - permalien ]

Après des réussites (souvent largement plébiscitées) comme Over There, Farenheit 911 ou encore World Trade Center, il semblerait que le monde en général -et l'amérique en particulier aie -enfin- décidé de tourner la page de l'introspection nombrilique et auto-flagellatoire, pour passer à autre chose..

C'est ce que semblent, au moins en tout cas, suggérer les débuts - mitigés, pour ne pas dire décevants ni catastrophiques - du dernier De Palma, "Redacted", que l'on nous vendait depuis des mois comme le pamphlet du fils spirituel d'Hitchcock sur le bourbier irakien... A l'accueil pour le moins tiède de la critique (New York Times n'hésitant pas à lâcher les mots de "pire film") comme des -rares- spectateurs, eux non plus pas vraiment unanimes, même si la balance ne penche pas vraiment non plus du coté des opinions favorables, s'ajoute même une autocensure en la personne du distributeur, sous la pression d'assurances frileuses ou tout simplement réalistes, expurgeant le final d'images jugées choquantes (ce qui n'a pas empêcher le film de se voir interdire aux moins de 18 ans outre atlantique, aux moins de 16 ans en espagne et aux moins de 12 ans chez nous).

Pourtant, dans le même temps, le monde des festivaliers semble plutôt enthousiaste quant à Redacted, comme le montre sa rapide programmation à Toronto, New York et surtout Venise, où il était même en lice pour le Lion d'Or, pour finalement se retrouver auréolé de deux prix, dont celui du Lion d'Argent pour Brian De Palma.

Dès lors, à part peut être un ratage monumental du fils spirituel d'Alfred Hitchcock (et un gourage tout aussi manifeste des festivaliers), quelle autre explication avancer pour expliquer ce qui s'annonce, au mieux, comme un semi flop ? Cela dit, tout assoiffés de nouveauté et de changement qu'ils sont, les spectateurs comme les critiques n'en sont pas -comme à l'accoutumée - à un contradiction près, puisqu'ils attendent avec impatience le prochain blockbuster de maître Brian : "The Untouchables - Capone Rising", une production Art Linson, vingt ans après le précédent opus.

La place des séries en France et aux Etats-Unis : analyse comparée

[ Un point de vue de JC Second, le 04/02/08 à 20:38 - permalien ]

Deux nouvelles concernant des séries télévisées me sont parvenues aujourd'hui. Aux Etats-Unis, j'apprends que le film Crash (Collision en français), de Paul Haggis, va inspirer une série du même nom, tournée au format 50 minutes (en 13 épisodes). En France, la première saison du Destin de Lisa achevée va laisser la place à une seconde saison, Le destin de Bruno, ayant pour personnage principal le frère de Lisa et comportant 281 épisodes de 25 minutes.

Le contraste entre ces deux nouvelles est frappant et représentatif du fossé culturel et économique qui sépare la France et les Etats-Unis dans le domaine des séries télévisées. Alors qu'en France, les séries les plus suivies sont d'un format en moyenne court et diffusées par saisons de plusieurs dizaines d'épisodes (fréquemment une centaine au moins), les chaînes étatsuniennes préfèrent diffuser des séries au format 42 ou 52 minutes, ou les saisons comportent autour de 20 épisodes, voire moins (Dexter, grand succès de la chaîne Showtime, comporte 12 épisodes par saison).

Privilégie-t-on la quantité à la qualité en France ? Il semblerait bien, car le nombre moyen de saisons, s'il peut sembler élevé aux Etats-Unis, n'est pas spécialement plus bas en France. Et les différences ne se bornent pas à la production des séries. Les stratégies de diffusion sont également différentes.
Les chaînes étatsuniennes créent un buzz et fabriquent l'événement autour de leurs séries principales. Elles créent une attente et n'y répondent que progressivement (en moyenne, les séries sont diffusées au rythme d'un épisode par semaine, et des pauses d'une à deux semaines sont fréquentes).
Les chaînes françaises préfèrent diffuser les séries soit quotidiennement (un à deux épisodes par jour), soit hebdomadairement, mais à un rythme plus élevé (deux à trois épisodes par semaine, généralement le même jour). Cette attitude peut se comprendre pour les séries importées : l'écart entre la diffusion dans le pays d'origine et la diffusion française étant généralement de plusieurs mois, le buzz initial s'est essouflé et l'attente n'est pas la même. Pour des séries produites en France, la logique est étonnante. Certes, le format ne se prête pas souvent à une diffusion espacée dans le temps. Un épisode de Kaamelott par semaine serait bien insuffisant. Mais très peu de buzzs ou d'événements sont créés à l'occasion de la sortie de nouvelles saisons ou de nouvelles séries.

Cela dit, la tendance semble au changement. Avec la réduction drastique des écarts de diffusion par TF1, pour Heroes ou Lost par exemple, permet de bénéficier du buzz créé par les chaînes étatsuniennes et de jouer sur l'attente des téléspectateurs français. Pour des séries françaises, des événements ont récemment été initiés. Ainsi, la saison 5 de Kaamelott a été précédée de deux prime-time avec une diffusion des deux parties de la saison en continu.

Ces efforts sont louables mais insuffisants. TF1 rend difficile l'accès aux épisodes inédits des séries étatsuniennes (VOD payante, location pour quelques jours, 1,99 € minimum). Et surtout, à la source, les efforts déployés dans la production des séries françaises sont incomparables aux moyens injectés dans la production étatsunienne.
Plusieurs facteurs l'expliquent. La France a un marché environ 5 fois plus petit que les Etats-Unis. La création télévisuelle - et audiovisuelle en général - n'a que tardivement fait l'objet d'une industrialisation, et celle-ci ne favorise pas la qualité à l'heure actuelle, nous rappelle Yannick dans un article précédent.

Au-delà de ces explications techniques, on peut aussi se demander si la série a la même place dans la culture française que dans la culture étatsunienne. A voir le nombre de sites de fan-subbing francophones, il ne semble pas. Mais le public concerné est majoritairement jeune. Le téléchargement affaiblit certainement la demande auprès des chaînes - mais à quel degré ? Un changement dans la stratégie des chaînes pourrait peut-être dynamiser la demande. Quand un épisode est diffusé un lundi soir aux Etats-Unis, il est disponible sur les réseaux de téléchargement le mardi matin en France, et il est sous-titré en français le soir.
Déjà, les efforts de TF1 ont fait abandonner toutes les équipes de sous-titrage français de Lost et de Heroes. Mais le téléchargement persiste, car les conditions d'accès sont difficiles. Payer 3 € pour un épisode de Lost protégé par DRM et lisible un nombre limité de fois n'est pas un environnement porteur pour les jeunes fans de séries.
Les efforts des chaînes françaises doivent donc se poursuivre et s'accentuer. Le problème n'est probablement pas culturel, mais à mon avis économique.

Liens :

Sur la route du succès : du neuf pour Cinéma, etc. !

[ Une actualité de JC Second, le 01/02/08 à 20:50 - permalien ]

Voilà bien longtemps que le site n'avait pas changé de version. Voilà bien longtemps que je désespérais, car seul le forum vivait. Le site ne servait à rien.
J'ai donc pris les choses en main et décidé de rendre le site agréable, navigable, accessible et pratique.

Voici donc le fondement d'une nouvelle version (la 4 il me semble). Conçue pour faciliter l'accès à l'information et mettre en avant les aspects attractifs du forum, elle vous permet notamment un accès à la liste des films traités sur le forum, la liste des citations. Des films en salles dont on parle sont rendus plus visibles (menu sur votre gauche). Vous pouvez facilement proposer un article ou une citation. Les articles sont classés (actualité / point de vue pour le moment, vous pouvez proposer de nouvelles catégories) et archivés.

Cette nouvelle version est l'occasion de parler statistiques.

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Depuis le 1er janvier 2007, le nombre de visiteurs par mois a suivi une tendance croissante : 1 500 en janvier 2007, 11 700 en janvier 2008 !

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En revanche, le nombre de pages vues par mois n'a pas autant augmenté : 15 500 en janvier 2007, 42 000 en janvier 2008. De plus, la durée moyenne d'une visite est passée de 730 secondes (12 minutes environ) en janvier 2007 à 300 secondes (5 minutes) en janvier 2008.

Quelle conclusion en tirer ? De plus en plus de gens découvrent Cinéma, etc., mais ils ne restent pas. La première impression du site est donc mauvaise. L'enjeu est donc de donner envie au visiteur de s'investir en montrant la richesse du contenu du forum. C'est la base de réflexion qui a fondé cette nouvelle version.

En espérant que celle-ci vous donnera l'envie, comme elle me la donne, de participer davantage, je vous invite à réagir sur le forum. Questions, suggestions, remarques... Je suis toujours prêt à discuter, et je serai ravi d'adapter ce site à vos attentes, car les débats que nous avons sur le forum sont passionnants et véritablement enrichissants.

La prochaine étape est maintenant la stylisation du forum de manière harmonieuse. Du travail en perspective !