[ Un point de vue de Yannick, le 12/11/07 à 12:06 - permalien ]
Pour les 9 premiers mois de 2007, la PDM du cinéma local sur le marché française a encore baissé, puisque de presque 50 en 2003 on est tombé à 36% (estimation directors.net basée sur les 9 premiers mois de l'année), soit un score pas génial, même s'il reste supérieux aux 10% timidement affichés par les productions britanniques sur leur territoire, par exemple.
Comment expliquer un tel repli ?
Il me semble pour le moins simpliste d'accuser les grands méchants distributeurs ricains aggressifs, a fortiori quand on sait qu'entre MEDIA et le CNC, les films français sont presque à coup sur sur le podium des films les plus 'aidés' au monde. Alors, pourquoi diantre ?
D'où la question : le cinéma français a t-il jamais passé le stade industriel qui fait la force et l'atout d'Hollywood ?
Question rhétorique, je le confesse, tant la réponse est évidente à lire les interviews et autres commentaires des acteurs locaux, qui fleurent davantage la cabane de papa Méliès que le rouleau-compresseur.
Alors vous allez me dire, ok, tant mieux, nous n'avons pas vendu notre âme au diable et avons gardé notre pureté créatrice machintruc bidule...
Sauf que, je le rappelle, une partie des financements du CNC, notamment, provient des recettes salles des films...ce qui, paradoxalement, nous rend extraordinairement dépendant des blockbusters ricains pour faire nos films à nous.
Il est dommage que la france n'aie pas connu vraiment d'ère où les producteurs avaient le pouvoir, même si, dans le même temps, cela signifie sans doute que certains pans du cinéma sixties / seventies n'auraient jamais vu le jour en france, ou en tout cas, pas avec la même ampleure surdimensionnée...
Puisque le fond de l'air y est, à quand une libéralisation pleine et entière du marché cinématographique, comme l'arrivée du numérique va, à plus ou moins moyen terme, nous y obliger ?