[ Un point de vue de Yannick, le 20/02/08 à 21:16 - permalien ]
Après des réussites (souvent largement plébiscitées) comme Over There, Farenheit 911 ou encore World Trade Center, il semblerait que le monde en général -et l'amérique en particulier aie -enfin- décidé de tourner la page de l'introspection nombrilique et auto-flagellatoire, pour passer à autre chose..
C'est ce que semblent, au moins en tout cas, suggérer les débuts - mitigés, pour ne pas dire décevants ni catastrophiques - du dernier De Palma, "Redacted", que l'on nous vendait depuis des mois comme le pamphlet du fils spirituel d'Hitchcock sur le bourbier irakien... A l'accueil pour le moins tiède de la critique (New York Times n'hésitant pas à lâcher les mots de "pire film") comme des -rares- spectateurs, eux non plus pas vraiment unanimes, même si la balance ne penche pas vraiment non plus du coté des opinions favorables, s'ajoute même une autocensure en la personne du distributeur, sous la pression d'assurances frileuses ou tout simplement réalistes, expurgeant le final d'images jugées choquantes (ce qui n'a pas empêcher le film de se voir interdire aux moins de 18 ans outre atlantique, aux moins de 16 ans en espagne et aux moins de 12 ans chez nous).
Pourtant, dans le même temps, le monde des festivaliers semble plutôt enthousiaste quant à Redacted, comme le montre sa rapide programmation à Toronto, New York et surtout Venise, où il était même en lice pour le Lion d'Or, pour finalement se retrouver auréolé de deux prix, dont celui du Lion d'Argent pour Brian De Palma.
Dès lors, à part peut être un ratage monumental du fils spirituel d'Alfred Hitchcock (et un gourage tout aussi manifeste des festivaliers), quelle autre explication avancer pour expliquer ce qui s'annonce, au mieux, comme un semi flop ? Cela dit, tout assoiffés de nouveauté et de changement qu'ils sont, les spectateurs comme les critiques n'en sont pas -comme à l'accoutumée - à un contradiction près, puisqu'ils attendent avec impatience le prochain blockbuster de maître Brian : "The Untouchables - Capone Rising", une production Art Linson, vingt ans après le précédent opus.