Bon, à part votre discussion sur le drame et le mélodrame.
J'ai adoré ce film, de tout point de vue.
Bizarrement (pour moi, en tout cas) j'avais par moments l'impression de regarder un film de Kaurismaki.
Certaines images m'ont aussi rappelé "Muriel" de Resnais.
Pourtant, je crois avoir aimé tous les films de Fassbinder que j'ai vu...Je veux dire que je n'ai pas besoin de cette parenté avec d'autres films que j'ai aimé également pour l'apprécier.
Et en y réfléchissant, finalement, il y a bien un rapport avec votre discussion dans ce que je suis en train d'écrire de façon désordonnée.
Je n'ai pas trouvé de mélodrame dedans. Du tout.
C'est peut être le rapport que je suis en train de faire avec Kaurismaki et avec le Resnais de Muriel...
La chose est racontée et exposée de façon limpide et simplissime.
Les événements se déroulent, les uns après les autres. Les personnages s'expriment de manière claire et directe (mais pas vraisemblable et surtout pas banal). Tout est épuré, dépouillé presque.
Tout le film ressemble pour moi un peu à l'appartement de la propriétaire du bar, étonnement beau, clair et sobre....Mais sur le mur de la salle à manger, il y a deux reproductions de Hundertwasser...Contrairement à cette notion de simplicité ou de sobriété (une autre forme de beauté, en tout cas) ces reproductions font un peu "veduta": la fenêtre des peintres de la renaissance qui ouvrait une autre perspective.
Et le Fassbinder auquel j'étais davantage habituée (si on peut "s'habituer" à Fassbinder

) ressemblerait plus au sentiment de
horror vacui d'un peintre comme Hundertwasser...
Autrement, je n'ai pas trouvé que la fin soit pessimiste.