par Dr. Strangelove » 7/03/09, 20h35
Quel idiot.
Je dis toujours "j'ose pas" et finis par y aller.
Eastwood me fascine de plus en plus. The Exchange m'avait franchement dégouté. Ici, on se demande comment il a fait pour régurgiter un film pire encore, plus rétrograde, plus puant.
Il nous joue la carte humaniste bien connue: la rédemption, le métissage positif (les étrangers bien casés, bien propres, qui ne font pas partie des gangs, et qui travaillent), puis peu à peu une sorte d'acceptation de l'autre. Mais cette ouverture -ça devient presqu'une habitude chez le vieux bougre- dissimule une nouvelle frontière en train de se tracer: le refus du monde contemporain, de la dislocation familiale. Il faut voir comment il filme ses petits-enfants dans le film, puis ses deux fils (férus d'argent et de gloire, hypocrites, et évidemment prêts à tout pour l'héritage).
Il y a un immense point d'achoppement dans le cinéma d'Eastwood qui fait qu'il devient le champion de toutes les âneries occidentales: sa prééminence, sa capacité du pardon, d'acceptation de l'autre. Et puis un sens du devoir, de la valeur.
Naturellement, le vieux cowboy est un humaniste, se veut humaniste, se le dit. Quelle sorte d’humanisme ? Dire noblement l’humain dans l’homme, penser l’humanité dans l’homme, c’est très bien ... mais le danger est d'en venir rapidement à un discours intenable et, comment le nier ? plus grossier de tous. Très vite, ses films s'aventurent dans des zones de l’autorité, du pouvoir et de la loi, de l’ordre, de la culture et de la magnificence héroïque, un certain lyrisme de bonne compagnie.
L'humanisme définit l'homme comme un animal méta-physique (au delà du physique, du corps, je renvoie à Tarantino), cela veut dire que l'homme est le vivant, qui se définit en dépassant son côté animal, ses pulsions, ses inconscients, ses impulsions.... l'homme est l'animal + la raison, l'animal+la religion, l'animal+le rire, la société, l'art, la politique....
Ce sont ces suppléments qui définissent l'homme, qui le différencient de l'animal, le hissent au-dessus....quand ces suppléments viennent à manquer, commencent les insultes, le racisme, le rejet, l'extermination...
"l'autre, "le racisé" est toujours un "animal" : raton, singe, poux, cochon...
C'est là que le doux humanisme commence à dominer l'autre.
Je me repose sérieusement la question: concrètement, que nous dit le film?
Toujours la même méthode, repartir du titre: GRAN TORINO.
Je me vermine - je me métaphysique - je me termite - je m'albumine - je me métamorphose - je me métempsychose - me dilapide - je n'en aurai jamais fini - je me reprends - je me cloaque et m'analyse - je m'altruise - je vais crever madame la marquise!