Gran Torino, de Clint Eastwood

Tout sur les films sortis depuis les années 90 et les critiques des films en salles.

Modérateur: luna

Gran Torino, de Clint Eastwood

Messagepar lyza » 28/02/09, 13h49

Clint Eastwood, encore bien fringant devant et derrière la caméra ! Il faut dire qu'il s'est donné le beau rôle, même si au début son personnage est plus qu'antipathique !
Le film se déroule dans une progression logique, C. Eastwood (Walt Kowalski) - lui-même issu de l'immigration polonaise celle-ci - prend peu à peu conscience de "l'humain" existant chez ses voisins asiatiques, qu'il a combattus, massacrés pendant la guerre de Corée..

Et le voilà parti - comme malgré lui - pour être le défenseur des "opprimés". On ne peut s'empêcher d'être touché par le douloureux revirement qui s'opère en lui. De soldat-bourreau, il se transforme peu à peu en "justicier" intraitable. Il va y trouver sa "rédemption" , quitte à y laisser la vie !

On peut reprocher au film son manque d'originalité, un certain manichéisme mais j'avoue m'être laissée prendre petit à petit par ce Kowalski torturé et ses voisins merveilleusement interprétés par Bee Wang pour le jeune homme, Ahney Her pour sa soeur.

Film très moral, moralisateur peut-être mais .. bien "ficelé" ! :)
Le vent se lève !... il faut tenter de vivre !
Paul VALERY

La terre est bleue comme une orange
Jamais une erreur les mots ne mentent pas
Paul ELUARD
Avatar de l’utilisateur
lyza
Réalisateur
Réalisateur
 
Messages: 806
Inscrit le: 12/06/06, 15h39

Re: Gran Torino, de Clint Eastwood

Messagepar JC Second » 2/03/09, 15h11

Un Clint Eastwood, qui plus est probablement le dernier où il sera devant la caméra... Je n'ai pu résister dès lors que j'ai vu l'affiche ! Je n'ai aucune idée du pitch, à part les infos que donne lyza, mais qu'importe : pour mon retour au cinéma (j'ai vu un film en salle depuis octobre), j'ai choisi Gran Torino ;)

Je vous fais part de mes impressions dès que possible !
JC Second

-- Administrateur --
Un problème ? Contactez-moi ou un Administrateur ou Modérateur par message privé
Avatar de l’utilisateur
JC Second
Administrateur
Administrateur
 
Messages: 1099
Inscrit le: 5/05/06, 21h30
Localisation: Lyon

Re: Gran Torino, de Clint Eastwood

Messagepar Tête de gomme » 3/03/09, 12h35

Il fait parti pour moi des "mauvais" Eastwood au même tite que L'echange et million dollar baby.
Au moins avant il savait nous faire pleurer le vieux mais là franchement côté émotions c'est vraiment faiblard. Oui c'est drôle d'accord.
Et puis les caricatures racistes ne sont pas non plus très fines.
Alors non ce n'est pas nul mais d'après ce que j'en avais entendu je m'attendais à un film du niveau de Mystic River, au moins.
Avatar de l’utilisateur
Tête de gomme
Chef op'
Chef op'
 
Messages: 304
Inscrit le: 11/07/07, 18h17

Re: Gran Torino, de Clint Eastwood

Messagepar JC Second » 3/03/09, 13h31

J'ai bien aimé ce dernier opus de Clint Eastwood. Loin d'être parfait (et effectivement moins bon que Mystic River), notamment dans sa première partie, j'ai néanmoins été très touché par la seconde partie et la fin.

On peut regretter, comme le dit Tête de gomme, une caricature beaucoup trop exagérée des tensions entre les voisins dans la première partie du film. Tant Kowalski (Eastwood) que ses voisins asiatiques, en particulier la grand-mère, en font à mon goût un peu trop. Ceci n'accentue pas forcément l'aspect drôle de ces relations (qui existe et n'est pas mauvais), c'est dommage.

Par contre, quand Eastwood dépasse la mise en situation et quand les premiers éléments perturbateurs s'invitent dans le récit, on quitte ce portrait sans nuance et on entre dans le suivi de la progression de Kowalski (et de ses voisins asiatiques, qui eux aussi apprennent à faire des efforts). Progression logique, l'a dit lyza, c'est vrai. C'est je trouve une constante du cinéma d'Eastwood : on le retrouve souvent à jouer avec des clichés, et cette fois-ci encore, je considère qu'il sait utiliser ces clichés (le stéréotype de l'Amérique profonde, la progression classique de l'anti-héros qui apprend à se sacrifier et progresse sur le chemin du pardon et du salut) de façon très réussie. S'il utilise des éléments clichés, il ne tombe pas dans le facile. Si la fin est prévisible, elle n'est pas mal traitée.

J'ai donc passé un bon moment !
JC Second

-- Administrateur --
Un problème ? Contactez-moi ou un Administrateur ou Modérateur par message privé
Avatar de l’utilisateur
JC Second
Administrateur
Administrateur
 
Messages: 1099
Inscrit le: 5/05/06, 21h30
Localisation: Lyon

Gran Torino, de Clint Eastwood

Messagepar Dr. Strangelove » 3/03/09, 20h17

J'ose pas le voir.

Rien que l'affiche... Et connaissant Eastwood, ça ne peut qu'être raciste...
Je me vermine - je me métaphysique - je me termite - je m'albumine - je me métamorphose - je me métempsychose - me dilapide - je n'en aurai jamais fini - je me reprends - je me cloaque et m'analyse - je m'altruise - je vais crever madame la marquise!
Avatar de l’utilisateur
Dr. Strangelove
Réalisateur
Réalisateur
 
Messages: 5551
Inscrit le: 20/05/06, 12h22
Localisation: Belgique

Gran Torino, de Clint Eastwood

Messagepar Dr. Strangelove » 7/03/09, 20h35

Quel idiot.
Je dis toujours "j'ose pas" et finis par y aller.


Eastwood me fascine de plus en plus. The Exchange m'avait franchement dégouté. Ici, on se demande comment il a fait pour régurgiter un film pire encore, plus rétrograde, plus puant.

Il nous joue la carte humaniste bien connue: la rédemption, le métissage positif (les étrangers bien casés, bien propres, qui ne font pas partie des gangs, et qui travaillent), puis peu à peu une sorte d'acceptation de l'autre. Mais cette ouverture -ça devient presqu'une habitude chez le vieux bougre- dissimule une nouvelle frontière en train de se tracer: le refus du monde contemporain, de la dislocation familiale. Il faut voir comment il filme ses petits-enfants dans le film, puis ses deux fils (férus d'argent et de gloire, hypocrites, et évidemment prêts à tout pour l'héritage).

Il y a un immense point d'achoppement dans le cinéma d'Eastwood qui fait qu'il devient le champion de toutes les âneries occidentales: sa prééminence, sa capacité du pardon, d'acceptation de l'autre. Et puis un sens du devoir, de la valeur.

Naturellement, le vieux cowboy est un humaniste, se veut humaniste, se le dit. Quelle sorte d’humanisme ? Dire noblement l’humain dans l’homme, penser l’humanité dans l’homme, c’est très bien ... mais le danger est d'en venir rapidement à un discours intenable et, comment le nier ? plus grossier de tous. Très vite, ses films s'aventurent dans des zones de l’autorité, du pouvoir et de la loi, de l’ordre, de la culture et de la magnificence héroïque, un certain lyrisme de bonne compagnie.


L'humanisme définit l'homme comme un animal méta-physique (au delà du physique, du corps, je renvoie à Tarantino), cela veut dire que l'homme est le vivant, qui se définit en dépassant son côté animal, ses pulsions, ses inconscients, ses impulsions.... l'homme est l'animal + la raison, l'animal+la religion, l'animal+le rire, la société, l'art, la politique....

Ce sont ces suppléments qui définissent l'homme, qui le différencient de l'animal, le hissent au-dessus....quand ces suppléments viennent à manquer, commencent les insultes, le racisme, le rejet, l'extermination...

"l'autre, "le racisé" est toujours un "animal" : raton, singe, poux, cochon...


C'est là que le doux humanisme commence à dominer l'autre.


Je me repose sérieusement la question: concrètement, que nous dit le film?


Toujours la même méthode, repartir du titre: GRAN TORINO.
Je me vermine - je me métaphysique - je me termite - je m'albumine - je me métamorphose - je me métempsychose - me dilapide - je n'en aurai jamais fini - je me reprends - je me cloaque et m'analyse - je m'altruise - je vais crever madame la marquise!
Avatar de l’utilisateur
Dr. Strangelove
Réalisateur
Réalisateur
 
Messages: 5551
Inscrit le: 20/05/06, 12h22
Localisation: Belgique

Gran Torino, de Clint Eastwood

Messagepar Dr. Strangelove » 7/03/09, 20h43

Peter Sloterdijk:

L'humanisme - le mot comme la chose - se construit toujours contre, du fait qu'il s'engage à sortir l'homme de son état barbare. On peut aisément comprendre que ce soit justement dans les époques où le potentiel barbare se déchaîne en interactions particulièrement violentes entre les hommes, que l'appel à l'humanisme est le plus fort et le plus exigeant. Celui qui s'interroge aujourd'hui sur l'avenir de l'humanité et des moyens de l'humanisation, cherche à savoir s'il peut espérer surmonter les tendances actuelles à l'ensauvagement. (...)


Le thème latent de l'humanisme est donc le désensauvagement de l'homme, et sa thèse latente est la suivante : de bons comportements adoucissent les mœurs. (...)


Le phénomène de l'humanisme mérite attention parce qu'il rappelle, de façon peut-être troublée et floue, que les hommes sont en permanence soumis à deux formes différentes d'éducation, que nous appelons, pour des raisons de simplicité, les influences inhibantes et désinhibantes. Penser que les hommes sont des « animaux sous influence » fait partie du credo de l'humanisme, d'où l'importance de les soumettre à de bonnes influences. Les règles du comportement humaniste rappellent - avec une fausse innocence - que la bataille pour l'homme est permanente, et qu'elle se déroule comme une lutte entre la bestialisation et la domestication. (...)


L'humanisme ne peut rien apporter à cette ascèse tant qu'il vise l'idéal de l'homme puissant. Dans cette perspective, l'humanisme est le complice naturel de toute horreur commise sous le prétexte du bien-être de l'humanité.
Je me vermine - je me métaphysique - je me termite - je m'albumine - je me métamorphose - je me métempsychose - me dilapide - je n'en aurai jamais fini - je me reprends - je me cloaque et m'analyse - je m'altruise - je vais crever madame la marquise!
Avatar de l’utilisateur
Dr. Strangelove
Réalisateur
Réalisateur
 
Messages: 5551
Inscrit le: 20/05/06, 12h22
Localisation: Belgique

Gran Torino, de Clint Eastwood

Messagepar Dr. Strangelove » 15/03/09, 11h03

Ah ben excellent, je viens d'apprendre que le prochain film de C. Eastwood portera le doux nom de "Human Factor", en belle conclusion à ce que je viens de dire plus haut.


Le combat contre la barbarie continue...
Je me vermine - je me métaphysique - je me termite - je m'albumine - je me métamorphose - je me métempsychose - me dilapide - je n'en aurai jamais fini - je me reprends - je me cloaque et m'analyse - je m'altruise - je vais crever madame la marquise!
Avatar de l’utilisateur
Dr. Strangelove
Réalisateur
Réalisateur
 
Messages: 5551
Inscrit le: 20/05/06, 12h22
Localisation: Belgique

Gran Torino, de Clint Eastwood

Messagepar Dr. Strangelove » 24/03/09, 21h12

Encore une fois, c'est dans la présipauté qu'on a tout compris:
http://www.canalplus.fr/c-humour/pid1787-c-groland.html

(à 10 minutes pile)
Je me vermine - je me métaphysique - je me termite - je m'albumine - je me métamorphose - je me métempsychose - me dilapide - je n'en aurai jamais fini - je me reprends - je me cloaque et m'analyse - je m'altruise - je vais crever madame la marquise!
Avatar de l’utilisateur
Dr. Strangelove
Réalisateur
Réalisateur
 
Messages: 5551
Inscrit le: 20/05/06, 12h22
Localisation: Belgique

Re: Gran Torino, de Clint Eastwood

Messagepar pierre88 » 15/04/09, 01h53

Vu hier. Mauvaise surprise. Profondément déçu et perplexe quant à la morosité de ce film. Je tiens principalement à viser Mr Eastwood et son casting plus que moyen. En effet je ne sais pas où notre cher Clint est allé chercher ses acteurs, mais j'ai été sincèrement étonné par la pauvreté au niveau du jeu et de la présence. Des visages impassibles, des tons monocordes, du pure cliché (exemple typique de la petite coréenne brillante se sentant spontanément à l'aise avec tout le monde et tendant à s'improviser en fidèle médiateur entre le vieux briscard et son environnement direct... barbant), sans parler de ce jeune Bee Vang - intérprétant Thao - qui a l'air de se demander ce qu'il fabrique là. Pourtant, s'il y avait bien un rôle essentiel pour lequel il fallait un garçon convaincant doté d'une grande personnalité, c'est bien celui de Thao, et Clint malheureusement ne nous fera jamais versé la larmichette si notre petit coréen n'est pas à la hauteur.

En bref à aucun moment je n'ai senti la petite patte Eastwoodienne, cette atmosphère qu'il savait si bien véhiculer jadis dans des films comme Créance de sang Mystic Rivers ou encore Million Dollar. Et oui mais pour cela, il faut des acteurs qui tiennent la route. Et ne croyait en aucun cas que je pense que Clint Eastwood sauve l'essentiel, certainement pas! Je l'ai même trouvé décevant dans ce rôle semi-formaté de vieux gaillard aigri, raciste à souhaits et sans état d'âme. J'ai l'infime impression que Clint Eastwood s'est égaré quelque part en investissant trop de temps et trop d'énergie dans son propre rôle, en en oubliant du coup l'essentiel: son ENTOURAGE!!

Comment définir son entourage? Des voisins à côté de la plaque, une famille sans amour ni intérêt (on pourrait presque s'en passer tellement ces êtres sont méprisables) et je reprends la citation de notre cher Docteur:

Il faut voir comment il filme ses petits-enfants dans le film, puis ses deux fils (férus d'argent et de gloire, hypocrites, et évidemment prêts à tout pour l'héritage).


Je ne vois pas pourquoi ce serait une évidence!! Clint Eastwood aurait très bien pu mettre en scène un climat familial honnête et chaleureux, et non pas au contraire s'enliser dans le pessimisme le plus profond. La fin est d'ailleurs ridicule et totalement T E L E P H O N E E !!!!!

L'idée de départ était bonne pourtant, mais Clint l'a mal géré. Dommage.
Avatar de l’utilisateur
pierre88
Chef op'
Chef op'
 
Messages: 218
Inscrit le: 12/05/06, 16h49


Retour vers Nouveaux horizons

Qui est en ligne ?

Utilisateur(s) parcourant actuellement ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 0 invité(s)