Milk, de Gus van Sant

Tout sur les films sortis depuis les années 90 et les critiques des films en salles.

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Milk, de Gus van Sant

Messagepar Dr. Strangelove » 4/03/09, 21h34

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TRAHISON !

Le fan hardcore se plaignait; il pleurait devant une telle débauche de pathos et de banalité, se rappelait les expérimentations artistiques d'un Elephant ou d'un Gerry. Il regrettait, aussi, la fin d'un cinéma qu'il aurait volontiers cru sous le signe de l'auteurisme et de la non-conformisation.

Et puis oui, finalement tout cela est bien vrai. Tellement vrai en fait que le film en devient passionnant, et prouve une nouvelle fois que GVS a toujours eu deux héritages, deux pères: le cinéma expérimental, celui des marginaux et des exclus... mais aussi le cinéma mainstream, la gloire hollywoodienne, le grand public.


Il faut sentir ce qui se joue dans un tel mélange improbable de styles et d'influences, allant de blockbuster à la conceptualisation du geste artistique, du banal biopic au cinéma d'auteur le plus extrême. Sans doute avec De Palma, est-t-il le seul aujourd'hui à savoir faire ça. Indé-tendance.


Prête à tout, Good Will Hunting et quelques autres exploraient déjà cette piste formidable.


L'impureté et la trahison, c'est aussi le sujet du film lui-même, où la politique pour la plus noble des causes se trouve des alliés redoutés, passe des deals secrets, se fourvoie elle-même. Une loi contre le caca des chiens dans la rue pour être subtilement élu. Une alliance secrète avec un conservateur afin d'avoir la majorité. Quelques galas donnés au grand public. Monde de l'image et des slogans. Calmer la foule pour mieux la relever ensuite. Savoir s'entourer.


Milk, un Sean Penn finalement pas si brillant que ça étant donné les formidables rôles secondaires, est notre homme de situation. Pas un héros. Plutôt même un looser qui, du haut de ses quarante ans, bosse dans une agence d'assureurs, puis se trouve un boyfriend qui a son âge divisé par deux et commence à œuvrer peu à peu en politique, pour la défense de toutes les minorités, les affamés, et les exclus. Pathos léger et gloire éphémère.


L'impureté et trahison: le fond engagé, politique, minoritaire, et la forme majoritaire, un schéma d'une logique implacable, avec sa dose d'émotions et d'instants cool. Jamais bourrin cela dit. Subtil, léger, pétillant, comme si tout cela était pour rire. Comme si... On remarque vite, sans y crier gare, comment l'un des plus grands cinéastes en activité réintroduit son talent, de façon plus belle, plus forte encore. Quelques faux raccords jamais anodins, des images qui se superposent à en donner le vertige, quelques films dans le film, à travers des interviews, images, télévisions d'époque. Drôle de kaléidoscope qui réfléchit toute une époque, tout un combat, et les fait parvenir jusqu'à nous. Par moments, My own private Idaho est proche par les explosions de couleurs, écrans qui se démultiplient au gré des coups de fil: étrange polyphonie qui emplit la salle de ses sonneries.

On peut multiplier les qualités, comme cette relation Sean Penn/James Franco d'abord omniprésente, puis qui s'efface peu à peu sans qu'on le voie, jusqu'à la rupture finale, aussi invisible qu'importante. Quelques malentendus dans des discussions politiques, avec la mort à la clé.


MILK est un très grand film.
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Messagepar Dr. Strangelove » 4/03/09, 21h53

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Messagepar Dr. Strangelove » 5/03/09, 01h35

On reviendra sur la Tosca de Puccini, qui revient à deux moments cruciaux du film.
(je tente désespérément de traduire... quelqu'un parle italien ici?)



En attendant, la peinture n'est pas en reste. Pas mal de Hockney cette fois-ci.

Image
David HOCKNEY, Peter Getting Out of Nick’s Pool, 1969



Image
David HOCKNEY, Portrait of an Artist (Pool with Two Figures), 1971
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Re: Milk, de Gus van Sant

Messagepar JC Second » 5/03/09, 16h22

Dr. Strangelove a écrit:des images qui se superposent à en donner le vertige


Oui, oui, oui. Une des images les plus marquantes du film à mon sens est celle où on voit Milk, qui avait promis à Scott d'arrêter après sa dernière défaite, dans la rue, en train d'essayer de contrôler l'émeute. Se superpose alors l'image de Scott (en reflet dans la vitre...). Pas un mot, pas un geste, la rupture est faite.

Beaucoup de choses à dire, une richesse et une force dans ce film... Longtemps qu'un film ne m'avait pas ému comme Milk m'a ému.

Beaucoup de choses à dire.
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Messagepar Dr. Strangelove » 5/03/09, 21h20

8) Ravi que t'aies aimé.

Ça me rend tout jouasse rien que d'y repenser et d'en discuter. En fait, c'est un film superbe et j'en suis assez surpris. Je m'attendais certes à un biopic plutôt réussi -GVS oblige- mais pas une œuvre d'une telle ampleur, d'une vitesse aussi accélérée, sans jamais se perdre, ni se vouloir plus grande qu'elle ne l'est.

Un vrai film adulte, politique, qui ressemble à une version totalement réussie de tous les biopics qui sont sortis ces dernières années. Si on veut, c'est un exercice aussi étrange que celui de Psycho, appliqué cette fois-ci à un genre tout entier, particulièrement à la mode.

Le tour de force: Van Sant ne fait rien pour rendre son film attirant ou glamour, il fait un film politique au sens pur du terme, un film sur la "res publica", sur l'Histoire en train de s'écrire, avec ses hésitations, son "air du temps", ses espérances et ses illusions.

La première demi-heure on se dit que c'est brillant, mais qu'on y voit le mécanisme. Qu'il n'y a presque pas de place pour l'émotion tellement tout est carré. Et puis, et cela sans qu'on s'en aperçoive, on est littéralement happé par le tourbillon de la mise en scène, et on achève le film au bord des larmes. Tu as raison de parler d'un film qui émeut. Mais souvent, dans d'autres films, on voit pourquoi. Ici, GVS semble avoir brouillé la recette, enfoui sa mise en scène, et ce afin de faire naître quelque chose qu'on attendait pas.

Et l'intelligence de Gus Van Sant fait qu'il ne tombe JAMAIS dans les pièges du biopic classique. Il ne filme que 8 ans de vie de Milk, ses années en politique. Point! Et il ne tente jamais de justifier l'homosexualité ou l'engagement ou quoique ce soit par des pseudos souvenirs d'enfance traumatisant à la mord-moi-le-noeud.



Bon, voilà, une fois de plus Van Sant calme tout le monde et s'impose avec évidence comme très largement au dessus de la mêlée.
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Re: Milk, de Gus van Sant

Messagepar angel » 5/03/09, 21h48

faut aller voir alors?
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Messagepar Dr. Strangelove » 5/03/09, 22h26

Oui c'est très gai.
A comparer avec d'autres films sur la guérilla et la révolution. Par exemple, le Che de Soderbergh, qui à la différence de GVS ne croit ni en son personnage, ni en ceux qui l'entourent. Dans Milk, chacun a une consistance propre, autonome: ces jeunes gars résistent, insistent, jusqu'au générique de fin qui leur redonne définitivement un visage, un nom.

GVS a déjà dépassé tout le côté star, leader, chef politique.


Je vous le dis, ce film, on a à peine commencé à le comprendre.
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Messagepar Dr. Strangelove » 5/03/09, 22h50

Puisque les italiens ne se manifestent pas, j'ai du chercher la traduction tout seul, comme un grand.

Comme prévu, les paroles ne sont pas anodines. Cet air joue deux fois dans le film, une première totalement anecdotique, comme en arrière-plan (lors de la rupture avec Scott), une seconde plus tragique, ostentatoire (lors du passage à l'opéra)

E lucevan le stelle

Et brillèrent les étoiles
Et exhalait la terre (étalait son odeur)
La porte du jardin siffla
Un pas enfleura le sable
Elle entra parfumée
Et me tomba entre les mains
O doux baisers o langoureuses caresses,
Alors que je dévoilais
Ses belles formes!

Disparu pour toujours mon rêve d'amour
Cette heure là s’est enfuie
Et je meurs désespéré
Je meurs désespéré
Et je n ai jamais autant aimé la vie…..


E lucevan le stelle...
ed olezzava la terra...
stridea l'uscio dell'orto...
e un passo sfiorava l arena...
Entrava ella, fragrante,
mi cadea fra le braccia...
Oh! dolci baci, o languide carezze,
mentr'io fremente
le belle forme disciogliea dai veli!
Svanì per sempre il sogno mio d'amore...
L'ora è fuggita...
E muoio disperato!
E non ho amato mai tanto la vita!...



http://www.deezer.com/track/124661

Question: on a entendu cet air dans un film l'an dernier. Lequel?
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Re: Milk, de Gus van Sant

Messagepar Poulpette » 6/03/09, 12h08

Dr. Strangelove a écrit:Puisque les italiens ne se manifestent pas, j'ai du chercher la traduction tout seul, comme un grand.

Arf, n'ayant pas vu le film, je n'ai fait que survolé le sujet. Je n'avais pas vu ta requête, navrée !
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Re: Milk, de Gus van Sant

Messagepar angel » 6/03/09, 22h16

Navrée de ne pas pouvoir ajouter ma voix au concert de louanges.
Je n'ai pas aimé.
D'abord, c'est trop long.
Et puis, ça dégouline de bons sentiments, c'est ennuyeux les films américains avec des sentiments, le style "voyez comme nous avons réussi à construire une grande nation démocratique".
Enfin, Sean Penn cabotine de façon outrancière, on a rien vu de pareil depuis la cage aux folles (j'ai préféré la cage aux folles).
C'est le premier film de GVS que je vois, ça commence pas bien.
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Messagepar Dr. Strangelove » 7/03/09, 00h24

le style "voyez comme nous avons réussi à construire une grande nation démocratique"

Non c'est faux, la démocratie n'en sort pas indemne. GVS est bien plus intéressé par les bas-fonds souvent puants de la politique.

Comme quoi, même un caca de chien peut changer le monde... C'est ça, "la grande nation démocratique".


La démocratie, c'est aussi Anita Bryant.


Les sentiments je les vois bien, mais tu ne précises rien: lesquels? où? à quel moment? D'accord, on a droit à de classiques suicides, amourettes râtées, combats un peu vains. Mais à côté de ça je trouve le film distant sur bien des points qu'il aurait pu souligner. Cette relation avec Scott, si prenante au début, mais qui s'effiloche sans qu'on le voie, jusqu'à la rupture elle-même invisible. Aucun pathos: une simple question d'ambiance, une impression de perte. Comme si quelque chose d'important s'était joué en coulisse, sans qu'on le remarque...


Disparu pour toujours mon rêve d'amour
Cette heure là s’est enfuie
Et je meurs désespéré
Je meurs désespéré
Et je n ai jamais autant aimé la vie…..
Dernière édition par Dr. Strangelove le 7/03/09, 00h30, édité 1 fois au total.
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Messagepar Dr. Strangelove » 7/03/09, 00h30

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Messagepar Dr. Strangelove » 7/03/09, 17h22

The power of words.


Je retraduis d'ici: http://8disk.net/z2559/. Le plus fidèlement possible.


Слава Богу, режиссер каким-то образом удержался от излишней детализации этих сцен, а основной акцент сделал на политической стороне дела. Противником Харви Милка является консервативный Дэн Уайт (сыграл Джош Бролин). К сожалению, этот человек, защищающий христианские ценности и классическое понимание семьи, представлен в фильме как классический злодей.

Dieu merci, par je-ne-sais-quel moyen, le réalisateur réussit à éviter les scènes d'amour en se concentrant sur le côté politique du problème. L'opposant de Harvey Milk se trouve être le conservateur Dan White (joué par Josh Brolin). Malheureusement, cet homme défendant les valeurs chrétiennes et une compréhension classique de la famille est présenté dans le film comme étant le mal absolu.


Доля правды о черноте души Уайта, конечно, есть. Ведь это он убивает Харви Милка и садится за это в тюрьму. Убийство – всегда самый тяжкий и непростительный грех. Однако представлено и выкручено в фильме это таким образом, что начинаешь подозревать о том, что режиссер и команда видят в нормальной сексуальной ориентации некое тоталитарное кровавое зло.

Certes, il y a une once de vérité dans la noirceur de l'âme de White. Après tout, c'est lui qui tue Harvey Milk et va pour cela en prison. Le meurtre - toujours le plus lourd et le plus impardonnable des péchés. Toutefois, tout cela est montré et exagéré de telle manière qu'on commence à croire que le réalisateur et sa bande voient dans l'orientation sexuelle normale un mal totalisant et sanglant.

Помимо безусловно превосходной игры Шона Пенна (небось настрадался в этой роли), лучше всего сняты кадры массовок на митингах, речи и эмоциональный настрой на выступлениях Харви, местами даже вызывающие сопереживание герою.

Au delà du jeu excellent de Sean Penn (le pauvre a du souffrir pour ce rôle), les meilleurs plans sont ceux des meetings et des discours résolus de Harvey, qui par moments arrivent même à nous identifier au héros.


К слову, фильм Харви Милк ассоциацией кинокритиков Нью-Йорка признан лучшим фильмом 2008 года.

Тут не могу воздержаться от комментариев – скорее всего не было у ассоциации выбора. Фильм по сути неплох, однако вполне ординарен технически и композиционно, как и большинство качественной продукции Голливуда.

А голосовать за идею гомосексуализма, восхваляя за это тематическую киноленту – по меньшей мере неправильно. Да и сомневаюсь, что явных представителей секс-меньшинств в ассоциации кинокритиков большинство. Скорее всего, причиной присуждения столь высокой кинонаграды стало то, что любое несогласие с концепцией картины сразу вылилось бы в громкие обвинения в гомофобии со стороны влиятельных светских кругов.

Notons que le film a été reconnu comme étant le meilleur film de l'année 2008 par l'association des critiques de New-York.

Je ne résiste pas à faire un commentaire en me demandant si l'association a vraiment eu le choix. Soit, le film n'est pas mauvais, toutefois il demeure banal techniquement et dans sa composition, à l'image de la plupart des métrages Hollywoodiens de qualité.

Mais voter pour l'idée de l'homosexualité, louant la seule thématique, est pour le moins incorrect. Et puis après tout je doute que les représentants de la minorité sexuelle soient nombreux dans la profession. Sans doute, la raison de ce prix prestigieux fut le fait que le désaccord avec le film aurait rapidement tourné vers les accusations d'homophobie de la part des associations diverses.

Смотреть фильм Харви Милк, как мне кажется, интересно будет в первую очередь представителям этих самых меньшинств – как наглядное пособие по политической борьбе с нормальной сексуальной ориентацией народа. Может быть, женщинам – они более толерантны в этих вопросах, а в фильме, к слову, немало мелодрамы.


Voir Harvey Milk, à mon avis, plaira sans doute en premier lieu aux adhérents de ces mêmes minorités - comme moyen génial de lutter politiquement contre la sexualité normale du peuple. Peut-être aussi aux femmes - qui sont plus tolérantes envers ces questions, et pour le fait que le film comporte du mélodrame.

Что же касается остальной части населения – нормальных мальчишек, парней, мужчин – ничего интересного для вас в картине нет. И упаси Бог смотреть такую ленту детям, дабы не сформировалось у них неверных стереотипов о добре и зле.

En ce qui concerne l'autre part de la population -les garçons, les mecs, et les hommes normaux- rien d'intéressant ne résultera de ce long métrage. Et Dieu préserve les enfants de voir un tel film, au risque de les former aux stéréotypes incorrects du bien et du mal.
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Re: Milk, de Gus van Sant

Messagepar angel » 7/03/09, 23h22

Merci pour la traduction. A lire les "Dieu merci" et "Dieu nous préserve", on devine que la page du marxisme-leninisme est bel et bien tournée.
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Re: Milk, de Gus van Sant

Messagepar angel » 7/03/09, 23h48

Dr. Strangelove a écrit:Les sentiments je les vois bien, mais tu ne précises rien: lesquels? où? à quel moment? D'accord, on a droit à de classiques suicides, amourettes râtées, combats un peu vains.

Pas aussi sirupeux que certains films, mais quand même...
Le pauvre, son engagement de tous les instants est incompatible avec une vie de couple normale.
Et puis, le voilà notre héros américain, optimiste, entreprenant, infatigable: "if at first you don't succeed, try, try again".
D'accord, il fait de la politique et est obligé de se salir un peu les mains, mais si peu, si peu, et pas dans son interêt personnel, non, dans l'interêt supérieur de la cause, dans l'interêt des générations à venir. Il a plein d'amis, son entousiasme est si communicatif, tout ça, c'est vraiment des valeurs américaines, mais, au goût du jour.
C'est pas parce qu'on fait un film sur les gays californiens qu'on fait pas un film conventionnel.

Sean Penn dans le rôle, c'est ce qu'on appelle une performance, comme Dustin Hoffman dans le rôle d'un autiste, une remarquable performance disent les journalistes, on a déjà parlé de ça à propos de "tonnerre sous les tropiques".

Enfin, vraiment pas embalée.
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