Bon Yannick, en gros ce que tu reproches à Godard c'est d'avoir pris pour thème de recherche le statut de l'image. Seulement voilà , il faut bien quelqu'un qui le fasse, et il se fait que c'est Godard qui s'y est penché de manière la plus pertinente. Si personne ne l'avait fait il y aurait encore des gens pour crier au scandale.
Godard n'est à mon sens pas un cinéaste, en revanche, c'est un plutôt bon artiste contemporain
Un cinéaste n'est pas un artiste alors? Ou alors un vieil artiste?
Je sais bien que dans les sixties/seventies l'intelligence était de mise
Elle ne l'est plus?
moi quand je vois godard qui s'amuse à couper/remettre le son (dans le mépris je crois) de la musique diégétique pour bien qu'on entende les dialogues et caricaturer l'habitude des mixeurs baisser le son de la musique d'ambiance sur les dialogues, d'accord, c'est intéressant ça fait conscientiser le truc, mais au passage, déjà ça irrite prodigieusement, ensuite c'est ridicule, et enfin, ça fait illico sortir le film du cinéma
Alors là tu vois, c'est contradictoire, car d'une part tu trouves la démarche "intéressante" "intelligente", mais d'autre part ça t'énerve. Moi, ça me fascine, d'aller au cinéma et de tout d'un coup voir rompu mon contrat de spectateur (cette caméra qui se tourne vers nous et qui nous questionne dans
Le Mépris, par exemple). Et à ce moment là je ne me dis pas "woaw que c'est intelligent, parce que si on l'analyse comme ceci ou comme cela on a un truc tout à fait nouveau que je me dois d'aimer". Non, je me dis tout simplement "voilà , là on touche à quelque chose de profond, là on exploite totalement la forme cinématographique". Alors si on suit ton raisonnement, le cinéma se réduirait au contraire à une application schématique de codes les plus basiques, qui ont fait leur succès auparavant, et sur lesquels on devrait continuer à compter. Je suis désolé NON, s'il y a bien un truc qui m'énerve c'est ça, et pas Godard. Marre des
300, marre des
Transformers, marre à revoir les mêmes histoires chaque année, marre de me prévoir la fin du film avant-même d'avoir vu le début. Je ne dis pas que tout le monde devrait faire du Maya Deren, du David Lynch ou du Bukanowski, mais le cinéma expérimental est un genre à part entière, avec une place tout à fait honorable dans les salles, et qui ne doit pas être réduit à des circuits alternatifs (en gros des circuits totalement inaccessibles et hermétiques). Ce sont bien ses découverte sà lui qui permettent au cinéma que tu qualifies de "traditionnel" d'avancer et de se renouveler. Alors refourguer Godard au stade d'un petit expérimentateur inaccessible et ràté me parait au mieux injuste, au pire méprisant.
très mauvais réalisateur au sens où ses films ne respectent aucune des conventions les plus basiques, à commencer par celles du montages et de la vraisemblance.
Voilà ce que je disais plus haut, il y a donc bel et bien une recette absolue à respecter ... sinon, dehors? Pourquoi est-t-il interdit de jouer avec le montage, si c'est pertinent (tu le dis toi-même), pourquoi ne pas couper le son là où cet effet est fichtrement plus efficace qu'un dialogue de sourds de 10min? Je ne comprends pas, tu dis que Godard est un excellent grammairien mais tu rejettes en bloc sa langue.
Faire du cinéma comme ça, c'est à mon sens comme si le cinéma lui même se tirait une balle dans le pied
Non mon cher, c'est au contraire un cinéma qui se soigne, qui s'observe, et qui cherche en lui de nouveaux possibles ... pour la gloire des cinéastes actuels et de tous les autres à venir, qu'ils soient commerciaux, cons ou intelligents, expérimentaux ou traditionnels. (d'ailleurs il y a déjà du Godard dans le dernier clip de JC

)
Les cinéastes de ce genre se tirent une balle eux-mêmes car ils s'exposent ainsi aux critiques les plus virulentes (ce topic le prouve), mais en aucun cas ils ne discréditent le cinéma.
Je me vermine - je me métaphysique - je me termite - je m'albumine - je me métamorphose - je me métempsychose - me dilapide - je n'en aurai jamais fini - je me reprends - je me cloaque et m'analyse - je m'altruise - je vais crever madame la marquise!