Amenabar est le réalisateur de Les autres, histoire de fantômes assez réussie avec Nicole Kidman et de Tesis, thriller horrifique sur le thème du snuff movie.
Ouvre les yeux (Abre los Ojos), de 1997, avec Penelope Cruz et Eduardo Noriega, le Brad Pitt du cinéma espagnol actuel, est un film assez déroutant, entre drame et fantasme horrifique, avec un soupçon d'Elephant Man pour saupoudrer le tout.
C'est l'histoire d'un beau gosse riche, qui ne met jamais la même minette deux fois dans son lit.
Jusqu'au jour où il y en a une qui s'accroche plus que les autres.
De nombreux thèmes sont évoqués dans ce film dont la beauté et l'apparence n'est pas des moindres. Pas pour rien que l'acteur principal est le "minet" de l'époque (ceci n'étant pas péjoratif du tout, à l'instar de Brad Pitt, Noriega est un excellent acteur qui doit sa carrière tout autant à son talent qu'à sa belle gueule).
Les thèmes du fantasme, du rêve, et de l'enfer inconscient sont aussi des piliers du film.
On se déplace en permanence entre passé et présent, ou présent et futur, même ça n'est pas très clair.
On se déplace entre rêve et réalité, sans jamais vraiment savoir où on est précisément. On partage cette perte de repères avec le personnage principal, qui semble s'enfoncer dans la folie de plus en plus profondément au fur et à mesure que le film se déroule.
Le final peut sembler un peu "tiré du chapeau", mais toute l'ambiance mise en place depuis le début, et le temps que prend le réalisateur de bien "expliquer" les choses, de tout montrer, le refus de l'ellipse enfin après 1h45 d'ellipses volontaires, font que ce "tiré du chapeau" ne fait pas long feu.
Et l'on finit par adhérer à cette histoire étrange, par y chercher et y trouver des réflexions et des questionnements très pertinents et touchants.
A noter que Ouvre les yeux raconte la même histoire de Vanilla Sky avec Tom Cruise, normal le second est le remake américain du premier.
Mais pour ceux qui n'auraient pas, comme moi, aimé Vanilla Sky, il serait dommage de passer à côté de l'original à cause des défauts du remake.
Preuve qu'on peut tout raconter, tout montrer, à condition de le faire bien.




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