Aujourd'hui, le plus connu des cinéastes russes actuels revient sur le devant de la scène avec une fable sur le conflit en Tchétchénie.

La république de Tchétchénie de nos jours, dans un campement de régiments russes. Alexandra Nikolaevna (la resplendissante Galina Vishnevskaya) vient rendre visite à son petit-fils, l'un des meilleurs officiers de son unité. Elle passe quelques jours et découvre un autre monde baigné dans une esthétique post-industrielle: un monde poussiéreux, monochrome. Il n'y a, dans cet univers d'hommes, ni femmes, ni chaleur, ni confort. La vie quotidienne y est miséreuse ; les sentiments ne s'y expriment pas. A moins que les forces et le temps ne manquent pour ces derniers. Ici, chaque jour, chaque minute, des questions de vie ou de mort se résolvent. Néanmoins, ce monde est peuplé d'êtres humains...
Comme toujours chez Sokurov, une trame simple: un voyage. Des gens simples: les concernés du conflit. Une vision simple: l'humanisme.
Ce n'est pas un film sur la guerre; on ne voit pas la guerre. C'est un film sur la capacité des gens à se comprendre. On ne tire pas. On se regarde.

